Dix-sept corps de personnes exécutées ont été découverts dans l'ouest de l'Irak, signe de la persistance dans cette zone rebelle de la violence qui a en revanche reflué a Bagdad sous l'effet d'une vaste opération de sécurité.
Onze personnes non identifiées exécutées par balles ont été trouvées jeudi soir pres de la ville d'Al-Qaim, portant a 17 le nombre de découvertes macabres dans cette région proche de la frontiere syrienne, selon des sources locales.Les onze corps ont été découverts pres d'Al-Qaim, a l'extrémité occidentale de la province d'Al-Anbar, a indiqué l'une des sources. "Ces personnes ont été exécutées par balles", a indiqué une autre source, sans plus de détails.
Six autres corps avaient été découverts le meme jour dans cette région, selon une source du ministere de la Défense. "Six corps d'hommes vetus d'habits civils ont été découverts par la police irakienne a Akachat, dans la région d'Al-Qaim, a 450 km a l'ouest de Bagdad".
Al-Anbar, qui s'étend de l'ouest de Bagdad jusqu'aux frontieres avec la Jordanie et la Syrie, a connu de nombreux enlevements et exécutions.
Une source militaire a fait état mercredi de l'enlevement dans cette région de 22 soldats chiites, mais le ministere de la Défense l'a démenti.
L'armée américaine avait lancé en mai une vaste opération dans la zone d'Al-Qaim proche de la frontiere syrienne dans le but d'empecher l'infiltration de combattants arabes (non irakiens) en Irak. Elle avait affirmé avoir tué lors de cette opération plus de 100 rebelles liés au réseau terroriste Al-Qaida.
Par ailleurs, les attaques contre les forces de sécurité irakiennes n'ont pas faibli en dehors de Bagdad. Le chef de la brigade anti-corruption de la ville de Kirkouk (nord), le colonel Rahim Othmane Said, et son adjoint ont été abattus jeudi avant l'aube par balles par des inconnus a bord d'une voiture.
Deux autres policiers, les freres Karim et Qoussai Mohammed Darraji, ont subi le meme sort vendredi a Bassorah, capitale méridionale de l'Irak, selon une source policiere.
En revanche, les attaques se sont faites moins fréquentes a Bagdad, meme si un Irakien, employé par une compagnie locale de sécurité, y a été tué par balles et un soldat a été tué dans une attaque a 70 km plus au sud.
"Les attentats a la voiture piégée ont diminué, nous avons arreté 1.000 suspects mais nous ne pouvons pas encore crier victoire", a déclaré un responsable militaire américain de haut rang, pres de deux semaines apres le début de l'Opération Eclair.
"Les attaques a l'arme légere ont cependant augmenté. Nous pensons qu'il s'agit d'une nouvelle tactique, assurément moins efficace, pour maintenir un climat de violence", a-t-il ajouté sous le couvert de l'anonymat.
Environ 40.000 soldats et policiers irakiens participent a l'Opération Eclair dans et au sud de Bagdad, appuyés par pres de 8.000 soldats américains.
En outre, un soldat américain a été tué hors combat au nord de Bagdad ou quatre autres ont été blessés jeudi dans une attaque contre leur convoi, selon l'armée.
Enfin, un religieux chiite a souhaité voir les sunnites modérer leur exigence d'avoir 25 représentants dans la Commission de rédaction de la Constitution.
"J'espere que cette exigence n'empechera pas leur participation", a déclaré cheikh Sadreddine Koubbanji, du Conseil supreme de la révolution islamique en Irak (CSRII) dans son preche dans la ville de Najaf, au sud de Bagdad.
"Il est possible de trouver une solution en ayant a l'esprit l'intéret général du pays", a ajouté le religieux du puissant parti chiite, un pilier de la formation gouvernementale.
Des personnalités sunnites, réunies mercredi a Bagdad, ont exigé d'avoir 25 représentants au sein de la Commission parlementaire, formée actuellement de 55 membres dont seulement deux sunnites, chargée de rédiger la Constitution.