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«Le Maroc possible», le rapport du cinquantenaire : Pour une charte nationale des chantiers du futur

Le rapport du cinquantenaire sur le développement humain continue de susciter des débats, jusqu’ici confinés au monde élitiste et universitaire ainsi qu’à quelques acteurs de la société civile. La présentation du livre édité et diffusé par Sapress qui s’occupe, également, de sa promotion, le jeudi 20 juillet à Casablanca a caressé l’ambition d’impulser une forte dynamique aux échanges qu’Abdelaziz Méziane Belfkih et son équipe du comité directeur du rapport entendent étendre aux larges franges des citoyens marocains dans toutes les contrées du pays.

Contrairement à ce que d’aucuns pensent, le rapport du cinquantenaire sur le développement humain et prospective 2025, fabriqué par une centaine de chercheurs et professeurs multidisciplinaires parmi les plus en vue du Royaume sous la direction du Conseiller du Souverain, ne nourrit aucune prétention de vérité absolue ni n’affirme aucune certitude tranchée sur le devenir possible du Maroc. Comme l’a si bien expliqué le professeur Sabah, membre de l’équipe rédactionnelle : «c’est une contribution au débat public sans prétentions ni certitudes. Ce sont des regards croisés dans leur multiplicité et leur diversité, soutenus par une objectivité certaine. Ce rapport se veut une pédagogie innovante pour la formulation des politiques publiques. Mais nous voulons surtout susciter d’autres lectures et encourager le débat démocratique et le partage des informations, des opinions et des idées. Nous voulons connaître d’autres lectures».
Il est vrai que l’absence de dernière minute d’Abdelaziz Méziane Belfkih, retenu par des empêchements majeurs, a laissé planer un sentiment de frustration dans la salle bien garnie pour l’occasion et dont les attentes semblaient importantes. Mais, le trio d’intellectuels qui ont remplacé au pied levé le Conseiller Royal a bien su tirer son épingle du jeu dans la redoutable épreuve des débats sous un feu nourri des participants.

Transformer les facteurs d’échec en conditions de réussite
Comme l’a souvent rappelé Belfkih, c’est une première qui a regroupé des dizaines de penseurs et chercheurs nationaux pour établir «un diagnostic sans complaisance» de l’état des lieux du développement du pays depuis l’indépendance. Au passage, signalons que ce rapport est «un produit 100% marocain» sans recours à la consultance extérieure, à l’expertise internationale ou, plus simplement, aux chercheurs et professeurs étrangers. Un document stratégique élaboré sans complaisance, oui puisqu’y sont dûment consignés et les acquis et, surtout, les carences et faiblesses qui ont sanctionné la croissance saine et le développement durable pendant ces dernières décennies. Ce qu’a précisé Abdelaadim Lhafi en commentant la rétrospective du cinquantenaire en ces termes : «il nous fallait argumenter les causes des échecs pour accoucher des facteurs de réussite en provoquant les ruptures nécessaires menant vers un Maroc possible». En lançant un appel appuyé aux médias et à tous les moyens de communication pour s’investir dans la promotion du débat public à l’échelle territoriale du Royaume. C’est pourquoi la séance de présentation de l’ouvrage à Casablanca s’est déroulée sous le mot d’ordre : «Le Maroc possible ; une offre de débat pour une ambition collective». Lhafi a poussé cette piste beaucoup plus loin en appelant à «structurer le débat public pour le sortir de sa tour d’élite dans laquelle il avait tendance à se réfugier pour l’élargir à l’ensemble des citoyens dans toutes les régions du pays». C’est bien là le substrat de ce message relayé auprès de l’opinion publique car, disent-ils tous en chœur, «l’avenir du Maroc est entre nos mains». Et sur ce préalable, tous les Marocains sont invités à y prendre part.
La troisième «mousquetaire» du trio du jour, Rahma Bourquia, s’est acquittée de la tâche de présenter le livre qui est déjà en bonne voie de diffusion par la célérité et les bons soins de la société de distribution pilotée par Mohamed Berrada. D’abord, en donnant lecture du message aux participants du Conseiller du Souverain dans lequel il a rappelé que «le Maroc est à la croisée des chemins» et que «l’avenir du Royaume dépend des Marocains». La rétrospective du dernier demi-siècle et la prospective amorcée sur un scénario du Maroc souhaitable à l’horizon 2025 doivent absolument être soumis au débat public, insiste Belfkih car, ajoute-t-il, la principale richesse de ce chantier ouvert est l’approfondissement des pratiques démocratiques de partage des idées et d’échanges de vues. Un créneau encore largement vierge qui doit être secoué dans les meilleurs délais. Une démarche qui vise à revaloriser le capital ressources humaines longtemps mis en veilleuse même quand les politiques publiques sont sanctionnées par de bons résultats. C’est la voie à suivre pour mettre en perspective les conditions de réussite d’un Maroc possible qui aura consolidé sa normalité politique et démocratique, assuré les fondamentaux de son émergence par une économie compétitive et intégrée à la mondialisation, mis en place les bases de son insertion dans la société du savoir, réconcilié le citoyen avec son environnement au plan des équilibres sociaux. Bref, les grands défis et paris chers à Belfkih dont l’optimisme mesuré balance vers un scénario souhaitable pour lequel la concrétisation duquel le Royaume détient les atouts et compétences requises de ses ambitions de développement humain. Maintenant, toute la question est de savoir : «si le Maroc change, les Marocains changeront-ils aussi ?», s’interrogea le professeur Sabah.

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