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Musique et danse de l'Atlas : Ahidouss, le gestuel enivrant

Musique et danse de l'Atlas : Ahidouss, le gestuel enivrant Ahidouss est l'une des danses les plus importantes qui a un caractere collectif connu dans la société amazighe au Maroc. C'est un moyen qui permet au groupe d'exprimer l'émotion partagée par les individus. Il est lié aux fetes sociales et religieuses et notamment aux mariages. L'art d'Ahidouss ne se limite pas a la simple distraction, mais il permet aussi et surtout de mettre en valeur l'histoire d'une région et reflete sa culture et la beauté de sa nature. C'est un moyen de communication entre les individus du groupe et une expression de l'esprit collectif et de solidarité entre les tribus amazighes.
Comme art tres enraciné dans la culture amazighe, Ahidouss, se trouve etre intimement lié a un ensemble de coutumes et de rites. Ces traditions et ces rituels ont une forme obligatoire que le danseur récitant respecte jusqu'a la sacralité. On avance meme que l'introduction du volet religieux (tassarut, arzzum) dans la poésie amazighe est nécessaire pour combattre et éloigner l'esprit du mal. Avant le début de la danse, ils récitent fréquemment des vocations pleines d'apostrophes et d'interpellations telles que par exemple :
- Nnzur-k a rebbi
I max ka ad-i ya_
- Nous commençons avec le nom de Dieu pour qu'aucun mal nous atteint !
De meme, on trouve qu'apres ces récitations fréquentes qui précedent la danse, le premier izli reste attaché au volet religieux, et on peut dire qu'il y a un postulat qui domine la philosophie du poete amazigh que ce izli exprime:
- Wa bismilah unna wr-t innin
Ur i mi ad as yali wawal
- Tous ceux qui ne commencent par le nom de Dieu
N'ont pas l'ambition que leur parole soit écoutée.

La culture amazighe, comme le reste des autres cultures humaines, n'est pas épargnée de la conception métaphysique de la poésie qui a habité la conscience de l'homme amazigh surtout le poete. Pour eux ces mythes ne sont pas des illusions ou des contes de fées, mais des vérités intuitives vues dans leur imagination. Dans le cadre de la culture amazighe, la théorie de l'inspiration divine se trouve présentée. La poésie comme l'Amdyaz Ouasta est une inspiration divine:
- Zur_-k a sidi rebbi d ittasin awal
Sg idmarn iddud inm-a_d s imi
- Je commence par le nom de Dieu qui porte la parole
Au thorax et qui parvient sur mes levres avec une grande fluidité.

Plus encore, on avance que parmi les refrains d'izlan y'en a ceux qui sont une création d'un djinne qui habite les cavernes du Haut-Atlas a côté de la zaouia de Sidi Hamza Ouiach. La danse d'Ahidouss préserve ses rites qui sont probablement l'héritage de la civilisation paienne et polythéiste, chez les tribus d'Ait Merghad par exemple, la danse ne débute qu'apres la citation de groupe de l'expression «A Bayyada» plusieurs fois.

Ce qu'on releve dans cette expression, c'est qu'elle se compose de «A» qui est un moyen d'apostrophe dans la langue amazighe, et «Bayyada» qui est un terme dont la plupart des gens ignorent la signification, certains disent que la c'est le nom de la «divinité de la joie» ou «divinité des mariages», cette explication n'est pas bien fondée, «elle [la musique amazighe] a pour cadre essentiel une vie paysanne, ou les aspects sacrés et profanes sont étroitement associés, ou le technique se conjugue avec le rituel, la croyance avec l'acoustique, et, comme nous le dit l'auteur ; ou la mémoire et la création relevent d'un ordre commun.»
Les éléments principaux de la danse d'Ahidouss sont aux nombre de quatre a savoir : La musique, l'action, le public et izli.

La musique :
Si Ahouach se base sur des instruments variés a savoir le tambour, le tam-tam et naqous, Ahidouss lui, au contraire, se base uniquement sur le tambour (allun) qui se différencié de celui d'Ahouach. Le rôle d'«allun» ne consiste pas seulement a créer le son musical, mais aussi, il intervient dans la composition du rythme ainsi que dans le changement d'un rythme a l'autre. Il sert aussi a orienter le genre de l'action (le mouvement) a introduire dans la danse.
L'action :
L'ensemble des mouvements sciemment organisés et exercés par les danseurs. La danse d'Ahidouss est une unité susceptible d'etre décortiquée en des séquences de mouvements dont chacune est composée d'une série de geste conçue dans la redondance gestuelle réalisée par les danseurs de maniere cohérente et gouvernée sous l'égide du lyrisme «izli».
On observe dans Ahidouss une diversité de mouvements: il y a la baisse, le mouvement circulaire en direction de la droite, alors que dans Am_ray, il y a les marées, le pied droit en direction de l'avant. Généralement, Ahidouss se caractérise par la lenteur au contraire d'Ahouach et il faut des études approfondies et en grand arsenal théorique pour bien comprendre la musique et la danse d'Ahidouss.

Le Public-Spectateur:
C'est l'un des caracteres catégoriels collectifs de la danse d'Ahidouss, le spectateur-observateur n'a pas seulement une simple présence ; mais représente un élément primordial qui porte a la perfection de la réalisation de cette danse. Il participe dans l'armature de la chaîne communicative qui s'établit entre l'émetteur (le danseur) et le récepteur (le public). Cette dualité entretient des relations étendues qui consistent en le fait que l'acteur constitue l'objet des représentations conçues comme sujet et champ d'observation que le spectateur a tendance a jouer.
Izli:
L'origine linguistique «izli» a comme pluriel «izlan»; il est prononcé au Rif «izri», plr. «izran» avec un «r» non géminé, conformément a la regle des variantes phonétiques des dialectes amazighs, L---R. Ce concept est utilisé a Zwawa, Jbel Nfoussa et Ghadames, sous forme «azli», son étymologie est relié a sa racine verbale «ezli» qui veut dire « chanter» dans ces régions. Tandis qu'au Moyen-Atlas et a l'Est du Haut-Atlas, on dit «ibbiy izli» c'est-a-dire «découper un vers (un chant)» ou «composer un chant».

Un rapprochement est remarqué entre ce genre poétique et le nom du poete «alizlan», comme il a été cité par A.El Jerrari: «Parmi ceux que mentionnent les références, leur poete (celui des amazighs) alizlan –originaire du Moyen-Atlas- a laissé des poemes ou il fait l'éloge de l'héroisme et le fantasia».
Au niveau sémantique: il s'avere difficile de préciser le sens d'izli, puisque il multiplie et varie ses formes, en plus il a connu un progres. C'est pour cela, que le terme izli prend des définitions variées, on cite quelques unes:
Selon les uns, «izli» «est composé de deux vers et un refrain, c'est le genre ou les poetes s'émulent et essaient leurs chances dans la spontanéité et la riposte».
Pour d'autres : «la poésie des dialogues et des critiques est en amazigh: Izlan, son singulier est izli, les poetes y traitent l'éloge, le satire, l'érotisme et d'autres themes»

Ces définitions paraissent partielles, c'est-a-dire, qu'elles partent de la partie pour généraliser les jugements. Ainsi, pour les premiers : «le vers» équivaut «une ligne poétique», car ils ont cité des exemples sous forme de distique, les amazighs l'appelle «Afrradiy» (l'unique); cependant la fréquence du refrain n'est pas générale pour izli.

Ce qu'ils présentent n'est qu'une forme parmi d'autres prises par izli, le meme cas pour les seconds, étant donné qu'il existe des formes des opposés ou des dialogues, comme le cas d'izli stable.

Si on essaye de regrouper les définitions, on dira que izli est un genre poétique sous forme de distiques (parfois quatre vers) ayant un sens, il peut etre accompagné d'un refrain «L_a», sa langue est soutenue, plein d'images poétiques et d'une finesse dans le sens; relatif a l'état d'âme du poete, et a son entourage naturel et social.

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